Ce week end, je me suis prise pour Indiana Jones (au féminin), et j’ai décidé de faire une folie : traverser la jungle de Paris, par le dessous. Je peux maintenant dire : Paris, j’ai vu ta petite culotte, et c’est pas joli*.
* Notez mes jeux de mots de qualité.
Donc je disais, je suis allée à Paris. J’ai pris le train et je suis arrivée à la gare Saint Lazare. Jusque là pas de problèmes, la SNCF et moi on commence à bien se connaître même si j’ai fait la regrettable erreur de ne pas renouveler mon abonnement étudiant … Faudrait vraiment que je le fasse car la borne se moque de moi quand je paie plein tarif pour aller voir mes parents.
Bref, une fois à Saint Lazare il a fallu que je prenne le métro. Et c’est là que ça a commencé à se corser, parce que tu vois, la gare Saint Lazare est en travaux (j’aimerais bien voir à quoi ressemble cette gare quand elle est pas en travaux parce que je l’ai jamais vu pas en travaux justement). J’avais bien entendu laissé mon sens de l’orientation (quasi inexistant) au vestiaire, sinon ça aurait pas été drôle. Mais comme je ne suis pas blonde, j’ai réussi à suivre les indications pour aller jusqu’au métro. J’ai même poussé le vice jusqu’à trouver la ligne 13 du premier coup, dans le bon sens, et à arriver sur le quai en même temps que la rame de métro.

photo credit: Danielle Scott
Et là je suis tombée sur des parisiens. Fatalement ça devait arriver, je m’y étais préparée, mais voilà , les parisiens sont pressés, les parisiens sont aigris, les parisiens sont ronchons, les parisiens sont vraiment pressés. et j’ai du mal à m’y faire. J’ai donc assisté, moi petite provinciale, à un spectacle assez pitoyable. Le spectacle d’une femme qui ne supportait pas de devoir rester debout parce qu’une handicapée avait « foncé » sur la place qu’elle convoitait et lui avait sorti la carte attestant son handicap. Une femme qui n’hésitait pas à laisser sa frustration envahir le métro et à critiquer ouvertement celle qui avait « volé » sa place. Triste.
Après ce moment d’anthologie, j’ai voulu acheter un ticket pour le RER. Sauf que le guichet était fermé, et que la borne vendait des tickets pour tout (métro, RER, et même si je doute du fait qu’elle puisse vendre des billets d’avion, je suis sûre pourtant d’avoir lu « aéroport » quelque part). Je suis donc restée perplexe devant cette machine qui ne répondait pas à mes questions. Et j’ai du appeler mon papa. (Pour l’émancipation c’est raté… Comment ça je suis déjà majeure?) Grâce à lui je suis évidemment arrivée à destination, ouf.

photo credit: jean-louis zimmermann
Mais je me rends compte que je n’ai absolument aucune idée du trajet que j’ai pu faire dans Paris. Est-ce que je l’ai vraiment traversée ? Est-ce que je l’ai contournée ? Où se situait la sation de métro de ma correspondance ? Heureusement que j’avais mon trajet en tête avant d’arriver sur place, parce que quand je regarde une carte du métro parisien j’ai l’impression d’observer un plat de spaghettis. Parfaitement, un plat de spaghettis.
Je ne pourrais pas habiter à Paris. Même si je suis consciente qu’il y a probablement des parisiens adorables, même si j’ai des amies qui vivent à Paris, même si j’ai de la famille qui vit à Paris … Je ne pourrais pas moi-même m’installer dans un endroit où j’ai l’impression d’être seule contre tous, où règne la loi de la jungle, où la solidarité ne doit pas exister, où tout le monde est trop pressé pour s’arrêter et regarder ce qui se passe autour. Ouais pi je suis peut-être un peu agoraphobe sur les bords, ça doit jouer.
J’aime ma Normandie.







